Cercle Linguistique d\'Aix-en-Provence

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Séminaires 2007-2008 : Contact de langues et langues en contact


Vincent Balnat, Résumé et article : À propos des « mots brefs » empruntés à l’anglais en allemand contemporain

Vincent Balnat  

À propos des « mots brefs » empruntés à l’anglais en allemand contemporain 

  

L’emprunt lexical compte sans aucun doute parmi les conséquences les plus manifestes du contact entre communautés linguistiques. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’augmentation rapide du nombre d’anglicismes en allemand fait l’objet d’une abondante littérature et ravive les débats les plus houleux quant à un prétendu déclin de la langue allemande. Un cas particulier d’anglicismes, encore largement délaissé par la recherche, est celui des « mots brefs » (traduction du terme allemand "Kurzwörter"). Fréquents dans les langues de spécialité, notamment dans le domaine des nouvelles technologies, dans certains sociolectes (langue des jeunes) et dans la langue familière, ces « mots brefs empruntés » à l’anglais sont un phénomène incontournable tant pour celui qui s’intéresse aux anglicismes que pour l’expert de l’abrègement. Il s’agira pour nous de retracer succinctement l’évolution de ces emprunts et d’en analyser quelques types avant de sonder leur degré d’intégration en allemand contemporain. 

 

Lire l'article : travaux_24_contact_vincent_balnat.pdf 


08/04/2013
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J-P Watbled, Résumé : Principes et contraintes dans la construction des langues de contact : l'exemple des créoles de l'océan Indien

Jean-Philippe Watbled 

Université de la Réunion  

Principes et contraintes dans la construction des langues de contact : 

l’exemple des créoles de l’océan Indien 

  

Résumé        

  

  

Dans cette communication, il sera montré que la créolisation a obéi à certains principes de restructuration et de réinterprétation bien précis, dont la plupart sont encore largement productifs. Une méthode appropriée de reconstruction permet de mettre au jour ces principes. Cette méthode sera appliquée aux créoles de l’océan Indien : réunionnais et mauricien / seychellois. Les principes en question ont été – et sont encore pour certains – à l’œuvre dans la genèse des créoles, tant dans le domaine de la phonologie que dans celui de la morphosyntaxe. Il est également intéressant de noter l’interaction entre ces deux composantes et les résultats de cette interaction, avec notamment les conséquences sur la grammaire des principes à l’œuvre en phonologie. 

            L’hypothèse avancée est que c’est après l’examen attentif des principes généraux que doit être évalué le rôle du contact entre les langues non seulement lors de la formation des créoles (influence sous-jacente éventuelle du malgache, etc.), mais également de nos jours (contacts créole / français ou créole / anglais). 

            Parmi les principes, on observe par exemple : l’application de contraintes phonotactiques strictes (sur la structure syllabique, sur les groupes consonantiques, etc.) ; l’obligation de congruence entre frontières de mot et frontières de syllabe : une initiale de mot doit être une initiale de syllabe, même principe pour les finales, ce qui a pour conséquences la réinterprétation des consonnes de liaisons et des monosyllabes élidés comme initiale de mot et la nécessité pour un nom de commencer par une consonne ; interaction entre syntaxe et prosodie, rendant compte (en partie) de l’alternance entre formes verbales courtes et longues, mais aussi de l’alternance entre les deux formes des pronoms personnels en réunionnais. 

            En outre, il sera montré qu’une application étendue de la théorie de la marque (angl. markedness) rend compte efficacement, non seulement de la construction et de l’évolution des systèmes phonologiques des différents parlers (systèmes, règles de réalisation, phonotactique), mais aussi, en grammaire, des systèmes et différents paradigmes nominaux et verbaux. 

            L’explication de ces principes est liée à la construction d’une véritable grammaire de l’oralité. Dans ce cadre, il peut également être intéressant de procéder à une comparaison entre les deux terrains, réunionnais d’une part et mauricien / seychellois d’autre part : par exemple, résidus de morphologie flexionnelle dans un cas, disparition totale dans l’autre, systèmes phonématiques plus ou moins variants et plus ou moins proches du français, ou encore types de grammaticalisation. 

 

Lire l'article : travaux_24_contact_jean_philippe_watbled.pdf 

 

 


08/04/2013
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Sibylle Kriegel, Résumé : Contact et typologie : l'évolution de quelques connecteurs créoles


 

Sibylle Kriegel 

Aix-Marseille Université – Laboratoire « Parole et Langage » 

Contact et typologie : l’évolution de quelques connecteurs créoles 

  

  

Résumé : 

  

« Il arrive – en une mesure du reste assez faible et dans des situations très particulières- qu’on emprunte à une langue étrangère des petits mots à valeur grammaticale ; (…) (Meillet 1921 : 87) 

Dans ma communication, j’illustrerai ce propos de Meillet par des emprunts que le créole mauricien a fait à différents moments de son évolution à différentes langues en contact. Je partirai du constat que les connecteurs dérivés des lexèmes français avec-et-ensemble couvrent une vaste aire sémantique et n’ont pas la même distribution qu’en français. Après avoir introduit quelques classifications typologiques (The Word Atlas of Language Structures 2005), j’analyserai les occurrences de ces connecteurs dans un corpus de textes anciens (Baker & Fon Sing 2007) et modernes pour les interpréter dans le contexte du contact de langues par la suite. 



 


08/04/2013
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Katja Ploog, Résumé et article : Le rôle du contact de langues dans les dynamiques linguistiques

Katja Ploog 

Université de Franche-Comté, Besançon 

Le rôle du contact de langues dans les dynamiques linguistiques 

  

  

  

Résumé : 

  

La tradition sociolinguistique a envisagé l'étude des contacts de langues comme celle des influences mutuelles et réciproques des langues co-présentes dans un espace communicatif. A l'inverse, si la tradition/transmission plurilingue est sans aucun doute un vecteur majeur des changements linguistiques, elle ne constitue pas une donnée immédiate et reste souvent délicate à établir formellement. 

Nous discuterons les mécanismes du changement linguistique à l'oeuvre dans les situations de contact tels qu'ils ont été décrits par Thomason (2001), en étudiant les dynamiques linguistiques observées dans deux métropoles dont la langue urbaine montre un spectre de variation particulièrement important mais aux caractéristiques sociolinguistiques très différentes, à savoir les ville d'Abidjan (Côte d'Ivoire) et de Santiago (Chili)[1]. 

Les caractéristiques non standard relevées dans le corpus [Ploog ABJ97] peuvent s'interpréter comme résultat de la mise en oeuvre de mécanismes de contact de langues (Thomason 2001). Au regard des restructurations analogues relevées dans le corpus chilien [Ploog CH06], il apparaîtra cependant que le contact linguistique ne constitue pas une condition nécessaire à la mise en oeuvre de ces mécanismes ; elle est plus exactement fonction de l'hétérogénéité sociale de la communauté, dont la diversité linguistique n'est qu'un facteur : l'articulation des exigences pragmatiques et des indices sociaux dans les stratégies d'élaboration du discours déterminent les caractéristiques de la dynamique linguistique et déclenchent les processus structurels ; la diversité des sources structurelles, elle, en détermine le (seul) résultat formel. 

 

 

 

[1] Les corpus d'étude [Ploog ABJ97] et [Ploog SAN06] sont constitués de données orales recueillies dans des interactions spontanées avec des locuteurs dont les caractéristiques sociales permettent de projeter une mobilité discursive marquée. 

 

 

 

Lire l'article : travaux_24_contact_katja_ploog.pdf 


08/04/2013
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Marie-Christine Hazaël-Massieux, Résumé, article et diaporama : Quand les contacts de langues donnent les créoles... A propos de la créolisation comme modèle ou type de développement des langues

Marie-Christine Hazaël-Massieux 

Aix-Marseille Université – Laboratoire « Parole et Langage » 

Quand les contacts de langues donnent les créoles... 

A propos de la créolisation comme modèle ou type de développement des langues 

  

  

Résumé : 

  

En partant d’une étude historique et philologique de textes anciens en créole de la Caraïbe, et en s’entourant des précautions méthodologiques requises pour l’approche d’écrits émanant nécessairement de « lettrés », qui entretiennent dès lors des rapports particuliers (dont il convient de tenir compte) avec les langues orales, on proposera un schéma qui mette à jour la part des contacts dans le développement des langues qu’on appelle « créoles », et des langues qui en découlent. On proposera ainsi d’expliquer à la fois la variation (importante) dans les temps considérés, et la mise en place progressive de paradigmes au fil des processus d’« interprétation » et d’« analyses » qui orientent la grammaticalisation. Mettant à jour les « analyses » différentes opérées par les acteurs de la créolisation, selon leurs fonctions et leurs places sociales, on essayera de comprendre la complexité de la genèse et du développement de ces langues – ce qui ne peut apparaître qu’en explorant et décryptant les faits linguistiques au fil des textes, en montrant la constitution progressive de « grammaires » à travers les divers témoignages écrits qui nous sont parvenus ; ces divers textes peuvent constituer finalement un impressionnant corpus, au fil des siècles, entre la fin du XVIIe siècle et le XIXe siècle. 

Le modèle proposé se veut un modèle parmi d’autres possibles pour expliquer la genèse des langues – de certaines langues dont le développement est marqué par les contacts ; il est de ce fait nécessairement différent du « modèle » classique utilisé par exemple pour étudier les développements des langues indo-européennes – dont les règles d’évolution minimisent ou négligent les contacts inter-linguistiques. Quand les linguistes se posent maintenant la question de l’origine des langues, il serait sans doute raisonnable d’envisager divers modèles explicatifs, notamment selon que l’on prend en compte ou non dans les développements reconstitués des langues, les contacts que les locuteurs ont pu entretenir, parfois massivement, avec des locuteurs d’autres langues. Pour la « créolisation » – que nous proposons de considérer comme un des modèles possibles – il s’agit alors d’intégrer pleinement les contacts parmi les facteurs évolutifs, en tenant compte des données historiques et sociales. 

Le schéma proposé ici mériterait d’être affiné, développé, discuté et confronté progressivement aux diverses situations socio-historiques dans lesquelles on a vu (ou dans lesquelles on voit) se développer des langues nouvelles, et alors même que les contacts entre locuteurs de langues variées sont avérés. Si la « créolisation » a concerné les créoles historiques, il est bien possible que ce modèle de développement de langues en situation de contacts soit aussi utile pour décrire d’autres situations de développement des langues, que l’on trouve dans de nombreuses régions du monde, tout particulièrement dans certains sites urbains, à l’époque contemporaine. 

 

Lire l'article : travaux_24_contact_mc_hazael.pdf 

 

Lire le diaporama : travaux_24_contact_mc_hazael2.ppt 


08/04/2013
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