Cercle Linguistique d\'Aix-en-Provence

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Jean-Philippe Watbled, Principes et contraintes dans la construction des langues de contact : l’exemple des créoles de l’océan Indien


J-P Watbled, Résumé : Principes et contraintes dans la construction des langues de contact : l'exemple des créoles de l'océan Indien

Jean-Philippe Watbled 

Université de la Réunion  

Principes et contraintes dans la construction des langues de contact : 

l’exemple des créoles de l’océan Indien 

  

Résumé        

  

  

Dans cette communication, il sera montré que la créolisation a obéi à certains principes de restructuration et de réinterprétation bien précis, dont la plupart sont encore largement productifs. Une méthode appropriée de reconstruction permet de mettre au jour ces principes. Cette méthode sera appliquée aux créoles de l’océan Indien : réunionnais et mauricien / seychellois. Les principes en question ont été – et sont encore pour certains – à l’œuvre dans la genèse des créoles, tant dans le domaine de la phonologie que dans celui de la morphosyntaxe. Il est également intéressant de noter l’interaction entre ces deux composantes et les résultats de cette interaction, avec notamment les conséquences sur la grammaire des principes à l’œuvre en phonologie. 

            L’hypothèse avancée est que c’est après l’examen attentif des principes généraux que doit être évalué le rôle du contact entre les langues non seulement lors de la formation des créoles (influence sous-jacente éventuelle du malgache, etc.), mais également de nos jours (contacts créole / français ou créole / anglais). 

            Parmi les principes, on observe par exemple : l’application de contraintes phonotactiques strictes (sur la structure syllabique, sur les groupes consonantiques, etc.) ; l’obligation de congruence entre frontières de mot et frontières de syllabe : une initiale de mot doit être une initiale de syllabe, même principe pour les finales, ce qui a pour conséquences la réinterprétation des consonnes de liaisons et des monosyllabes élidés comme initiale de mot et la nécessité pour un nom de commencer par une consonne ; interaction entre syntaxe et prosodie, rendant compte (en partie) de l’alternance entre formes verbales courtes et longues, mais aussi de l’alternance entre les deux formes des pronoms personnels en réunionnais. 

            En outre, il sera montré qu’une application étendue de la théorie de la marque (angl. markedness) rend compte efficacement, non seulement de la construction et de l’évolution des systèmes phonologiques des différents parlers (systèmes, règles de réalisation, phonotactique), mais aussi, en grammaire, des systèmes et différents paradigmes nominaux et verbaux. 

            L’explication de ces principes est liée à la construction d’une véritable grammaire de l’oralité. Dans ce cadre, il peut également être intéressant de procéder à une comparaison entre les deux terrains, réunionnais d’une part et mauricien / seychellois d’autre part : par exemple, résidus de morphologie flexionnelle dans un cas, disparition totale dans l’autre, systèmes phonématiques plus ou moins variants et plus ou moins proches du français, ou encore types de grammaticalisation. 

 

Lire l'article : travaux_24_contact_jean_philippe_watbled.pdf 

 

 


08/04/2013
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